De
Monsieur Jean P. au "Jour du Seigneur"
(22 juin 03)
Madame, Monsieur,
Je vous serais obligé de bien vouloir m’adresser un exemplaire de l’Homélie prononcée ce jour par le Père CORBINEAU. Je joins à cet effet un chèque de 15 euros.
Par ailleurs, puisque l’occasion m’en est donnée, je me permets de vous faire part de la désagréable surprise que j’ai eue à entendre la Première Lecture qui évoque l’holocauste et le sacrifice animal. Certes, je crois avoir compris qu’elle amenait la Seconde qui confirme que par le Sang du Christ tout sacrifice est désormais aboli. Mais, pensez-vous qu’il soit vraiment nécessaire, pour créer la transition, de présenter dans ce chapitre de l’Exode (il y en a hélas tant d’autres dans ce Livre, celui des Nombres et du Lévitique) Notre Dieu qui cautionne les holocaustes et l’immolation des animaux ? Il y a dans la Bible suffisamment d’autres exemples dans lesquels Dieu est montré sous Son vrai visage – bien vu, par exemple, dans Esaïe 1.11..etc.. – de Celui tellement différent de ceux des dieux-idoles qui ne pouvaient qu’influencer les rédacteurs de l’Ancien Testament. Alors, pourquoi l’Eglise catholique persiste-t-elle à citer des Lectures qui font quelquefois frémir d’indignation des croyants et des non croyants qui ont – ou qui devraient recevoir –
une toute autre idée de Dieu que celle d’un monstre assoiffé de sang et indifférent à la souffrance animale ? Ce n’est certainement pas à vous que j’apprendrai que les Ecritures fourmillent de textes dans lesquels Dieu est présenté comme « bon envers tous, et ses compassions s’étendent sur toutes ses œuvres » (Ps.145.9).
Les animaux font partie de celles-ci. Il n’est qu’à relire la Genèse.
En vous remerciant de votre attention, je vous prie de croire à mes sentiments les meilleurs.
Jean P. (janlae@wanadoo.fr)
"Le
Jour du Seigneur" en réponse à la lettre ci-dessus
de Monsieur Jean P. 12 août 2003
Monsieur,
Après avoir demandé un exemplaire de l’homélie prononcée le dimanche 22 juin par le Père Corbineau – que vous avez reçue – vous exprimez votre malaise causé par le choix des lectures tirées de l’Ancien Testament, notamment de celles qui relatent des sacrifices d’animaux.
La Parole de
Dieu, que nous lisons dans la Bible qui se compose de l’Ancien et du Nouveau Testament,
s’est adressée aux hommes dans le déroulement de l’histoire, en tenant compte des us et coutumes qui leur étaient propres à l‘époque concernée. Dans les traditions religieuses anciennes , y compris dans celles du peuple élu, les sacrifices d’animaux ont toujours tenu une grande place. La révélation de Dieu s’est développée progressivement jusqu’à la venue de Jésus qui lui a apporté sa plénitude définitive. Et, c’est ainsi que
très tôt ont disparu les sacrifices d’animaux
: l’expression religieuse est devenue toute spirituelle.
Pourquoi continuer à lire,
dans notre liturgie chrétienne, des textes de l’Ancien Testament qui ont parfois de quoi faire « frémir d’indignation ? » La liturgie est la prière officielle de l’Eglise. Sa première partie – la
liturgie de la Parole – a essentiellement un rôle pédagogique
: elle nous montre l’évolution de la révélation divine, en nous proposant chaque dimanche un texte de l’Ancien Testament qui très généralement annonce et prépare l’enseignement du passage de l’évangile qui sera lu après. Preuve nous est ainsi donnée qu’on ne peut connaître vraiment Jésus et son message si on ignore ce qu’ont été les préparations au cours de l’histoire du peuple élu.
Chrétiens, nous ne pratiquons plus aucun sacrifice d’animaux. C’est le sacrifice de Jésus sur la croix qui a réalisé le salut de l’humanité toute entière, sacrifice qui est présenté à nouveau sacramentellement à chaque célébration de l’Eucharistie.
En espérant avoir répondu à la très sérieuse question que vous avez posée dans votre lettre, je vous assure, monsieur, de ma prière et de mon entier dévouement.
Père André Lemaire, o.p.
Le jour du Seigneur
45 bis rue de la Glacière
75013 Paris
Notre commentaire :
Si la lecture, "dans notre liturgie chrétienne, des textes de l'Ancien Testament qui ont parfois de quoi nous faire frémir d'indignation" n'est sincèrement qu'une
"liturgie de la Parole" qui n'a "essentiellement qu'un rôle pédagogique" pour
"nous montrer l'évolution de la révélation
divine", il serait bénéfique pour tous les chrétiens que notre Eglise ne les "oblige" pas à prononcer "Paroles du seigneur" après des versets aussi indignes de Le représenter.
Il serait également plus recommandable de choisir en 2è Lecture des Paroles de Jésus Lui-même, telles que
Si vous pardonnez aux hommes, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mai si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. (Matthieu 6,14-15)
Allez, et apprenez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices.
(Matthieu 9,13)
plutôt que celles d'un disciple (encore inconnu à ce jour), qui n'avait pas saisi toute la symbolique du sacrifice du Christ pour oser prétendre
"s´íl est vrai qu´une simple aspersion avec du sang d´animal, ou avec de l´eau sacrée,
rendait à ceux qui s´étaient souillés une pureté extérieure, pour qu´ils puissent célébrer le culte, le sang du Christ, lui, fait bien d´avantage...".
et de plus en totale contradiction avec lui-même au chapitre suivant :
... car il est
impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. C´est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit : Tu n´as voulu ni sacrifices ni offrande, mais tu m´as formé un corps : tu n´as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché.
(Hébreux 10,4-7)
Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices,
qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s´est assis pour toujours à la droite de Dieu...
(Hébreux 10,11-13)
Prétendre que
"La Parole de Dieu s'adresse aux hommes, dans le déroulement de l'histoire, en tenant compte des us et coutumes qui leur sont propres à l'époque concernée",
-
c'est suggérer qu'IL les tolère
-
c'est continuer d'excuser les nombreux crimes faits en Son Nom de tout
temps
-
c'est nier le MAL perpétré contre Sa Création toute entière et en banaliser la
souffrance
Les sacrifices d'animaux étaient bel et bien dédiés aux
dieux-idoles, que les peuples vénéraient à cette époque, entre autres le dieu MOLEK auquel on sacrifiait
même des enfants
Si un Israélite ou un étranger vivant en Israël offre un de ses enfants en sacrifice au dieu Molek, il doit être mis à mort.
(Lévitique 20,1-2)
Les sacrifices d'animaux n'ont pas très tôt disparus pour tous les hommes puisqu'ils continuent d'être pratiqués par les deux autres religions judéo-chrétiennes se prétendant du dieu unique : abattage rituel dans la religion juive (casher) et aïd-el-kebir dans la religion musulmane.
Par Sa nouvelle ALLIANCE, Jésus est venu CORRIGER les mauvaises interprétations faites -
déjà à cette époque - par certains faux prophètes, comme par
certains prêtres aujourd´hui...